La biophilie : le développement de l’architecture par le bois

La biophilie ou “amour de la vie” est la tendance innée qu’ont les humains à rechercher des liens avec la nature et d’autres formes de vie. Étant l’un des matériaux naturels les plus utilisés en architecture depuis des temps immémoriaux, on peut dire que le bois est une ressource essentielle dans la conception biophile des environnements de vie.

La nouvelle conscience durable

Un aspect essentiel de ce que l’on appelle le “nouveau paradigme”, au-delà des graves problèmes socio-économiques auxquels on est confronté et de l’urgence d’essayer d’arrêter le changement climatique, est une nouvelle conscience durable, dans laquelle les gens commencent enfin à comprendre qu’ils ne sont pas quelque chose de séparé de la nature. Rien n’est plus éloigné de la vérité. Aussi difficile qu’il puisse être pour l’admettre, le développement des différentes civilisations peut être lu dès leurs origines comme l’évolution d’une espèce animale dans le contexte de la planète Terre. Une même évidence, celle du sentiment d’appartenance à la nature, que pourtant les Homo sapiens du XXIe siècle redécouvrent aujourd’hui après un voyage de pas moins de 200 000 ans.

L’origine du terme “biophilie”

Au cours des dernières années de l’évolution du secteur de la construction vers la durabilité, on entend de plus en plus parler de termes tels que “biophilie” et “naturalisation”, qui, en plus d’être nouveaux et rafraîchissants, amènant à réfléchir sur l’architecture et la ville en relation avec leur contexte éco systémique. La biophilie ou “amour de la vie” est la tendance innée qu’ont les humains à chercher des liens avec la nature et d’autres formes de vie, parce que l’humanité fait partie de la nature. Les implications de ce concept lorsqu’il est mis en pratique dans l’architecture et l’urbanisme sont écrasantes, car si les humains, comprennent vraiment qu’ils ont une série de gènes qui soutiennent les processus naturels de construction des villes au lieu de “jouer contre eux” comme ils ont fait la plupart du temps tout au long de son histoire, la révolution durable d’aujourd’hui prendrait un nouveau sens. Dans le paradigme actuel, il ne s’agit plus de concevoir l’architecture à partir de la peur, comme un simple refuge ou une machine vivante. Et d’agir en conséquence, en créant des espaces de vie intégrés et en équilibre avec les cycles de vie naturels, tout en protégeant, en inspirant et en réconfortant ensemble.

La conception biophile a conduit à l’architecture

De cette nouvelle façon de comprendre l’architecture, tout prend un sens. Les objectifs de développement durable, de résilience, d’équité, d’économie circulaire, de bio construction, d’efficacité énergétique… même les quelques propositions optimistes qui viennent de la science-fiction sont des fils de la même tapisserie. Il s’agit de différentes approches à partir desquelles, les êtres humains, créent la vision commune d’un monde idéal en équilibre, qu’ils espèrent pouvoir construire dans le futur. En tant qu’individus, la biophilie est évidente, par exemple, dans la tendance universelle à se rendre dans les zones naturelles les jours de congé et de vacances. La montagne, la mer, la forêt. La nature est bonne pour l’être humain. La science présente de plus en plus de preuves des bienfaits pour la santé et le bien-être d’une exposition sensorielle à des éléments naturels ou similaires à la nature. C’est pourquoi les gens préfèrent les espaces ouverts, la variabilité rythmique imprévisible, l’éclairage dynamique, les stimuli sensoriels, la présence d’eau, de terre, de pierre… les espaces verts, les arbres, les vues sur l’horizon…

Le bois, un matériau naturel par excellence

Les matériaux de construction, et plus directement les matériaux de finition en contact direct avec les utilisateurs, jouent un rôle très important dans cette naturalisation de l’architecture, par des qualités telles que la couleur, l’odeur, la réflectivité ou l’absorption des ondes lumineuses et sonores ou la texture et la géométrie. Le bois est évidemment l’un des matériaux naturels les plus utilisés depuis des temps immémoriaux. Dans le subconscient, le bois est égal à la nature. Il est prouvé que la présence du bois dans les milieux de vie a un effet psychologique positif fort sur les êtres humains, au-delà de ses qualités purement physiques associées au confort thermo-acoustique. Par conséquent, les produits à base de bois qui permettent un contact direct avec le matériau sont et dans une plus large mesure une ressource essentielle dans la conception biophile des environnements de vie.